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 le sommaire de la semaine d'autres témoignages (suite)

 

DES TÉMOIGNAGES D'ENSEIGNANTS

Activités menées dans les classes lors des dernières semaines de la Presse dans l'Ecole

Vous pouvez télécharger l'ensemble de ces témoignages dans une version imprimable (rtf).

" INFORMER, C'EST CHOISIR"
Témoignage de Chris Trabys, documentaliste du lycée Blaise-Pascal, à Brie-Comte-Robert.

Pensée dès le mois de juin 1999 et portée par une forte mobilisation, la 11e semaine de la Presse dans l'Ecole a été riche de rencontres et de projets. Inscrite au projet d'établissement depuis trois ans dans le cadre d'une ouverture culturelle et citoyenne, cette Semaine suscite une mobilisation croissante de l'ensemble de la communauté éducative, qui a dépassé cette année le cadre des enseignants. La multiplicité des rencontres et la large diffusion, au sein de l'établissement, de certaines actions, ont fortement contribué à la faire exister et apprécier. En voici quelques exemples.

Etude de la diversité de l'information dans les quotidiens nationaux

Le cadre
Travail mené avec des élèves de seconde, encadrés par un professeur d'histoire-géographie et une documentaliste, dans le cadre des "modules". Durée: 5 semaines.
Objectifs: faire découvrir la notion de "ligne éditoriale", développer l'esprit critique des élèves, mettre en valeur la richesse de la presse écrite, mettre en évidence le nécessaire pluralisme de la presse garant de la démocratie.

Déroulement du projet
- Analyse des unes (étude comparative): composition, fonction, hiérarchie de l'information, ligne éditoriale, public visé.
- Un événement dans la presse: analyse de la diversité du traitement de l'information sur un même événement dans plusieurs quotidiens nationaux.
- Rencontre-débat avec Jean-Yves Averso du Parisien (édition de Seine-et-Marne) et de Karelle Menine (L'Humanité).

Bilan
Trois points montrent la réussite du projet: l'intérêt des élèves et leur implication, le dynamisme des journalistes pendant la rencontre, la différence des lignes éditoriales des journaux qu'ils représentaient.

Informer, c'est choisir

Le cadre
Travail mené avec des élèves de seconde, encadrés par un professeur d'histoire-géographie et une documentaliste, dans le cadre des "modules". Durée: 3 semaines.
Objectifs: montrer que l'information télévisuelle et radiophonique résulte de choix, comprendre ces choix pour devenir des auditeurs et téléspectateurs critiques.

Déroulement du projet
- Analyse comparative des choix effectués sur TF1, France2 (journal de 20h), France Inter, RTL (journal de 13h) sur une semaine.
- Rencontre avec Thierry Hay (France 2) et Frédéric Barrère (France Inter). A partir d'une liste de sujets traités dans les quotidiens du jour, les élèves, divisés en deux groupes, ont, lors de conférences de rédaction dirigées par les journalistes, établit un conducteur pour le journal du soir.

Bilan
Une activité à renouveler. C'est un exercice concret avec les journalistes qui permet de rentrer rapidement dans le vif du sujet et de faire mieux comprendre les messages fondamentaux et les notions de base.

Une revue de presse murale

Le cadre
Travail mené avec des élèves de trois classes de seconde pendant le cours de sciences économiques et sociales (SES). Durée: étalement progressif depuis le mois de novembre.
Objectifs: amener les élèves à hiérarchiser l'information et faire des choix, les inciter à s'intéresser à l'actualité.

Déroulement du projet
- En amont de la semaine de la presse: réalisation de revues de presse murales hebdomadaires affichées au CDI.
- Pendant la semaine: revues de presse murales quotidiennes exposées au CDI, dans les couloirs et le hall du lycée.

Bilan
Un affichage étendu à plusieurs espaces a contribué à faire exister plus concrètement la semaine de la presse dans le lycée.

Une revue de presse internationale

Le cadre
Travail mené avec des élèves d'une classe de seconde, une classe de première et une classe de Terminale BEP, encadrés par quatre professeurs de langues (allemand, anglais, espagnol, portugais), deux professeurs de français, un professeur de communication/bureautique, la documentaliste, le conseiller principal d'éducation. Participation du club multimédia (deux élèves et un surveillant) pour la partie technique au moment de la réalisation. Cadre: modules et cours. Durée: d'octobre à mars.

Objectifs: valoriser l'enseignement des langues par une production orale, réunir plusieurs classes et acteurs de la vie de l'établissement autour d'un projet, familiariser les élèves avec la lecture du journal, les sensibiliser à l'actualité et au pluralisme de la presse.

Déroulement du projet
- Lire le journal: organisation et hiérarchie de l'information, mise en page, écriture journalistique, différents types d'articles, titres, illustrations. Les premières séances sont effectuées avec des journaux français, de manière à familiariser les élèves avec l'information dans la presse écrite.
- Décrypter une revue de presse à la radio: repérage des sujets, notions d'angles, mise en forme, identification des sources.
- Réaliser une revue de presse: nombreuses séances consacrées à un apprentissage de la technique de la revue de presse.
- Banalisation d'une matinée pendant la semaine de la presse, pour les élèves et enseignants concernés par le projet : par groupes, les élèves réalisent leur revue de presse dans les différentes langues, l'enregistrent et la diffusent dans le lycée.
- Rencontres avec des journalistes (Eric Delvaux, France Inter, et Pierre Billaud, RTL).

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"CONCOURS EN STOCK" : Un collège en ébullition
Collège de Semur-en-Auxois. Compte rendu extrait du rapport national de la 10e semaine de la presse dans l'école

"Plume d'Or", "Crayon d'Or", "Bobineau d'Or", "Objectif d'Or": tous ces prix sont pour le collège de Semur-en-Auxois. Jour après jour, les résultats tombent. Voir les visages des élèves et des professeurs s'illuminer nous comble de joie. La semaine de la Presse 1999? Un bon millésime pour le collège de Semur.

Depuis cinq ans déjà, le centre d'information et de documentation (CDI) s'investit pendant cette Semaine médiatique. Rédaction de Unes à partir de dépêches d'agences, accueil de journaliste locaux, production d'un quatre pages, échange d'articles avec un collège de Mayotte, étude d'un événement à travers différents journaux écrit, radio ou télévisé, tiercé des titres, rédaction de Unes en espagnol, visite du Bien Public... L'étude de la presse, c'est toujours passionnant! Mais avec les concours du Clemi, c'est encore plus stimulant.
Notre collège s'est inscrit pour la première fois en 1998 aux concours du Clemi académique et les résultats étaient encourageants: "Crayon d'argent", "Objectif spécial", 3e place pour "Fax en stock". Alors cette année, quand j'ai proposé à mes collègues de s'inscrire, ils ont été motivés. Pour "Zoom en stock" (concours de reportages photo), "Bob en stock" (concours de reportages radio), "Vox en stock" (concours d'interview radio), les collègues ont travaillé pendant plusieurs semaines sur la photo de presse et le journal radio avec leurs élèves de quatrième en parcours diversifié. Fax en stock (concours de pages de journal) donnait au professeur des quatrièmes "option techno" l'occasion idéale de mettre en pratique l'apprentissage de Publisher. Quant à notre élève "Crayon d'Or", il avait déjà envoyé un dessin l'année dernière pour "Croq' en stock" (concours de dessin de presse).

Le lundi 15 mars, nous sommes tous dans les starting blocks.
Premier concours: "Vox en stock". Il s'agit d'interviewer par téléphone, pendant trois minutes, une personnalité choisie par le partenaire, Europe 2 Le Creusot. Cette année, c'est Daniel Herrero, entraîneur du RC Toulon. Les deux élèves inscrits arrivent au CDI à l'heure prévue. Ils ont étudié la biographie de Daniel Herrero pendant le week-end. Nous revoyons ensemble leurs questions. Ils s'enregistrent, repassent la bande, modifient quelques mots. Sérieux, concentrés, montre en main, ils attendent auprès du téléphone, avec haut-parleur. L'interview s'écoule, Clément raccroche et nous résume l'interview. Il a trouvé Herrero sympathique, c'était une expérience intéressante.

Mardi 16 mars, le jour du cadeau.
Aujourd'hui, pas de concours, mais c'est le jour cadeau: un plein carton de périodiques à déballer. Montagne, pêche, chats, motos, histoire, informatique, actualité... Chacun y trouve sa passion. Les élèves ouvrent de grands yeux: "eh oui, c'est la semaine de la presse dans l'école". On enlève les magazines de 1998, la presse 1999 est arrivée!

Jeudi 18, le grand jour.
"Fax en stock" pour le soir, "Zoom en stock" à boucler et "Croq' en stock" à relancer.
8h15. Le sujet de Fax en stock est tombé, par télécopie. "La différence". Vaste question!
8h35. L'encadrement est au complet: professeur de français, de technologie et aide éducatrice.
8h40. Les élèves arrivent, prennent connaissance du sujet. Questionnement: différence physique, intellectuelle, religieuse... marginalité, toxicomanie (intéressant mais encore tabou, personne ne voudrait répondre), et racisme... Deux groupes se constituent: l'un rédigera un portrait d'Aurélie, une camarade de quatrième atteinte d'amyotrophie spinale. L'autre s'intéressera au racisme. Chacun choisit son rôle: documentation, interview, illustration, mise en page, rédaction en chef. Des élèves interrogent BCDI. Grâce aux Clés de l'actualité et à Okapi, les documents sur les maladies génétiques et le racisme ne manquent pas. Quelques uns cherchent Aurélie pour l'interviewer. Un autre numérise une photo du dernier Téléthon avec l'aide éducatrice, pendant que la rédactrice en chef soigne son attaque avec les conseils du professeur de français. A midi, le travail est bien avancé. Heureusement car l'après midi sera fiévreux au CDI.
13h. Les équipes de "Zoom en stock" débarquent. Certaines photos sont inutilisables, surexposées. Il faut les refaire. En route pour la ville avec l'appareil numérique: les situations doivent être identiques à celles des clichés précédents, car les légendes sont déjà rédigées. Le temps presse, il reste une heure avant la fin des cours.
16h30. Retour à temps au CDI en pleine ambiance de bouclage. Impossible d'enregistrer un article pour le faire passer sur un poste relié au réseau: la principale revient de son bureau avec une disquette. Ouf! ça marche! On tire les nouvelles photos: elles sortent sans trop de vert. Vite des ciseaux, de la colle: c'est terminé. Le professeur de technologie aide les élèves à terminer la saisie du dernier article. On imprime: du beau boulot!
17h40. Fin des cours. Les élèves repartent contents de leur travail et de leur journée. Ils se sont bien donnés. Correction des dernières fautes d'orthographe avant de faxer les articles. Et si on gagnait?

Vendredi 19 mars matin, ça continue.
8h40. "Bob en Stock". En attendant Emilie Flahault, reporter à Radio France Bourgogne, des enseignants présentent les différentes radios aux élèves de quatrième.
9h00. La journaliste arrive avec son Nagra. Elle montre le matériel aux élèves, explique les ficelles du métier. Elle revoit les questions que François, notre reporter du jour, compte poser à un héliciculteur au salon de l'Auxois. Tout le monde se met en route. De retour au collège, Emilie Flahault fait le montage avec les élèves qui "mordent" vraiment. Elle déroule la bande, interroge, coupe, colle, minute. Même le plus goguenard est conquis et sort du CDI enrichi de nouvelles connaissances. Pendant la récréation, la journaliste fait son reportage sur la semaine de la presse dans l'école. Nous rassemblons les élèves de quatrième option techno: chapô, intertitres, attaque... ils n'ont rien oublié!
12h. Les concours sont finis. Il ne reste plus qu'à poster soigneusement tous les travaux. Encore une semaine de la presse riche en émotions, partages, apprentissages. Merci le Clemi. La semaine suivante, les lauriers couronnent nos espoirs. "Mais non, on n'a pas soudoyé les jurys!". J'ai même entendu dire que le principal nous avait promis d'arroser ça au champagne. Ce serait bien mérité, non?!

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"VOUS PRENDREZ BIEN UN PETIT VERRE D'ACTUALITÉ"
Lycée Paul-Cornu, Lisieux. Extrait du rapport national de la 10e semaine de la presse dans l'école

Mardi 16 mars 1999, "café-débat" au lycée Paul Cornu à Lisieux. Elèves, professeurs, tous sont invités à venir discuter autour d'un café des relations entre la presse et le pouvoir. Une nouveauté dans ce lycée qui accueille plus de 1.500 jeunes. Et ce premier rendez-vous a été consacré à la presse.

Cette action particulièrement originale a été animée par les documentalistes, un professeur de philosophie et un journaliste de Ouest France, au centre d'information et de documentation du lycée. Thème choisi: "les lycéens veulent savoir la vérité!" Informer sans déformer, liberté d'expression, respect de la démocratie, les lycéens exigent une chose: la Vérité.

Le sujet a été abordé sous tous ses angles: informer sans déformer, la liberté d'expression, ses limites, le respect de la démocratie… Et les réflexions sont spontanées. "Comment le journaliste peut-il respecter le témoignage de son interlocuteur? demande un élève. On déforme forcément les choses. La presse ne peut pas garantir une objectivité totale."

Les remarques et les idées s'enchaînent, divisent les uns, rassemblent les autres.

Le droit à l'image, la hiérarchie de l'information entrent dans le débat. "Pourquoi choisir de présenter telle ou telle information, de la mettre en valeur?" Les lycéens sont curieux de connaître le métier de journaliste pour comprendre la réalisation d'un journal.

L'avenir des supports de diffusion, l'évolution technologique posent aussi de nouvelles questions. "Se sert-on beaucoup d'Internet? Les informations sont-elles établies de source sûre? Peut-on être floué?" Et les médias de demain: la presse écrite va-t-elle résister à l'ère de l'informatique et de l'audiovisuel?

Tous disent aimer la presse (on a même parlé de la création d'un journal scolaire) mais ne cachent pas se méfier de la réalité des faits exposés. La presse, on n'en attend qu'une chose: c'est la vérité.

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"IMAGE D'AFRIQUE", une opération Clemi-Vétérinaires sans frontière
Travail proposé aux enseignants par l'équipe Clemi de Lyon. Extrait du rapport national de la 10e semaine de la presse dans l'école

Les élèves doivent réaliser la Une d'un journal, un article de presse ou un roman-photos à partir de photos de Vétérinaires sans Frontières et d'Afric'Impact. Le but est d'amener les élèves à réfléchir à leurs représentations du continent africain.

L'Afrique est diversité. Pourtant, les élèves ne sont pas étonnés quand on parle d'"habitat traditionnel africain". Ils le seraient sans doute s'ils entendaient parler d'une "maison typiquement européenne", alors que ce continent est bien plus petit que l'Afrique.

Le travail consiste donc à amener les élèves à "lister" les représentations qu'ils ont de l'Afrique. A se demander pourquoi ils l'imaginent ainsi. Et à les inciter à s'interroger sur le rôle que les médias jouent dans la construction des représentations mentales, en diffusant le plus souvent des images de famine, d'aide alimentaire, de guerres et de conflits ethniques. Un travail autour des photos permet donc aux élèves de réaliser qu'il existe différentes cultures africaines et différentes formes de développement.

Les enseignants ont parfois demandé aux élèves, à l'issue du travail, quelles représentations mentales ils avaient d'autres espaces, lointains comme les Etats-Unis ou proches comme les banlieues françaises, et ont tenté de les confronter à la réalité.

Les photos ont également permis d'explorer avec les élèves d'autres pistes: le mode de vie, l'agriculture, l'élevage, la famille, l'habitat en Afrique.

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"QU'AS TU APPRIS À PROPOS DES MÉDIAS ?": les collégiens évaluent leur Semaine
Compte rendu de la documentaliste du collège Anne-Frank, Mulhouse. Extrait du rapport national de la 10e semaine de la presse dans l'école

Cette semaine représente un temps fort dans toute une année de travail. Inscrit à la semaine de la Presse parmi les 16.000 autres établissements scolaires français, le collège a pleinement valorisé le projet pédagogique mené par les enseignants.

Le collège Anne Franck a mené toute l'année scolaire un travail de fond sur les médias:
- exploitation d'une exposition de Unes du quotidien régional L'Alsace par sept classes et travail de création sur la Une,
- participation de deux classes au concours "Grands Reporters" des Dernières Nouvelles d'Alsace: l'une a été primée et invitée à visiter les locaux strasbourgeois du quotidien,
- création d'un journal de collège,
- participation de deux classes à l'action "Journal au collège" avec L'Alsace et visites des locaux du quotidien pour quatre groupes,
- découverte des studios de France3 Alsace à Strasbourg par une classe de cinquième.

Le travail entrepris

Un grand nombre de magazines (revues spécialisées sur le deux-roues, les animaux, les sports, revues pour la jeunesse) a été obtenu gratuitement auprès des éditeurs de presse et analysé par les élèves.
Des quotidiens nationaux du même jour permettaient de comparer les différentes approches de l'information. Cette collection a été exploitée en histoire-géographie avec une classe de quatrième.
Des journaux étrangers ont permis aux élèves de découvrir la presse d'autres pays qui sont, pour certains, leur pays d'origine.
Six journalistes de la presse écrite et parlée sont venus à la rencontre de 171 élèves, soit sept classes. Quatre professeurs ont encadré les huit heures de dialogue: tous les journalistes attendus étaient au rendez-vous et le contact avec les jeunes a été chaleureux. Tous les élèves de quatrième ont posé leurs questions à un journaliste (rappelons que la presse figure au programme de ces classes). En réponse à la demande des professeurs ou pour compléter le travail déjà entrepris, une troisième et deux cinquième ont bénéficié de l'intervention d'un professionnel des médias.
Une fiche d'évaluation élève, éditée par le Clemi national et distribuée à tous les participants, a permis de cerner les retombées d'une telle action ainsi que les attentes des élèves.

Qui a participé?

- Les 140 fiches d'évaluation retournées par les élèves font apparaître que la majorité d'entre eux a amélioré sa connaissance des médias (59%), a découvert un ou des métiers de l'information (63,5%) et pense que s'informer, c'est important (76%). Beau succès également pour la presse régionale souvent mentionnée spontanément au chapitre des journaux particulièrement intéressants (81 fois cités, les deux titres confondus). Un élève de cinquième justifie même son intérêt en écrivant: "C'est mon journal favori".
- Ce sont les professeurs de français qui ont préparé les débats et encadré les élèves.
- René Bickel, journaliste aux Dernières Nouvelles d'Alsace (DNA), a ouvert les débats avec des élèves de quatrième qui ont posé des questions astucieuses au journaliste et au photographe qui l'accompagnait. Un article sur cette première rencontre a été publié dans les DNA du lendemain.
Gilles Haubensack, de L'Alsace, journaliste connu des élèves de quatrième et de cinquième, a rencontré la classe de cinquième qui connaissait les DNA pour avoir participé au concours "Grands reporters. Ainsi ont-ils découvert la pluralité de la presse et mieux cerné le métier de journaliste.
Pascal Kury, de RTL 2, a tenu en haleine les élèves de deux classes de quatrième pendant une heure chacune. La rencontre s'est terminée par une interview des élèves et de la documentaliste, diffusé le lundi 22 mars. Les élèves l'ont trouvé le journaliste si sympathique que, deux jours plus tard, ils ont demandé quand il reviendrait …
Alain Cheval, de NRJ, a été reçu ce même après-midi par les élèves de troisième. Par son charisme et sa popularité parmi les jeunes, il a captivé son auditoire et a été assailli par les demandes d'autographes à l'heure de la récréation.
David Madinier, de Nostalgie, Manuel Goetz, d'Europe2, ont reçu le même accueil. Après la presse écrite et avant la visite de France 3, le point de vue d'un journaliste de la radio a soulevé beaucoup d'intérêt. D'autant plus que le dernier invité avait écouté un bulletin d'informations radio réalisé par toute la classe une dizaine de jours auparavant.

Quelques résultats de l'évaluation des élèves

- A la question "Qu'as-tu appris à propos des médias?", 59% ont répondu. Leurs découvertes portent sur le métier de journaliste, les contenus de la presse, la déontologie et la pluralité. 47% des élèves ont vu des journaux qu'ils ne connaissaient pas et 18,5% mentionnent la presse étrangère. 31,4% des participants ont découvert des émissions de radio ou de télévision.
63,5% (89 élèves) reconnaissent avoir découvert ou déclarent mieux connaître un ou des métiers de l'information: le plus souvent cité est celui de journaliste, mais on trouve aussi le photographe, l'illustrateur, le rédacteur en chef ainsi que les métiers de l'imprimerie, l'informatique et la mise en page.
- Des idées pour la prochaine semaine de la presse: "J'aimerais passer à la télé", "faire venir des célébrités, "parler sur les stars", du Canada, d'Internet ou encore, "davantage de débats avec des personnes extérieures pour des faits de société", demande une enseignante.
- Ne perdons pas de vue que l'objectif de ce travail est d'abord de faire découvrir aux élèves comment s'élabore l'information. Ce travail permet, sans doute dans un second temps, d'accéder au débat d'idées. Visiter des studios, créer une émission de télévision, faire un reportage qui passe à la radio, réaliser un journal avec la classe, "des revues sur les voitures" suggère un élève de cinquième… "Plus de diversité au niveau des journaux que l'on puisse lire, qui sont à notre disposition" demande un élève de quatrième, alors qu'un autre de la même classe dit ne pas avoir découvert de journaux: "Je les connaissais presque tous parce qu'il y en a beaucoup au CDI". Un élève de quatrième voudrait "que ce soit obligatoire de visiter un endroit de la presse". Un autre suggère de "voir toutes les radios et tous les journaux".
Les enseignants seront remerciés de leur investissement en lisant les remarques positives de quelques élèves qui ne font aucune suggestion car "c'était déjà bien cette année"! Les difficultés d'organisation consistaient à faire coïncider emploi du temps des classes et disponibilité des journalistes, mais aussi à veiller à ce que les élèves ne rencontrent pas les mêmes journalistes que l'année précédente, malgré l'éclatement des classes.
Si cette 10e semaine de la presse dans l'école a été un temps fort en faveur de la connaissance de l'actualité et des médias, c'est grâce à la collaboration des professeurs et à la participation active de journalistes sympathiques et compétents, qui ont capté l'attention des jeunes et modifié l'image que ceux-ci se font du monde de l'information.

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Dessins, dépêches et bain de presse: une exposition dans le hall du lycée
Témoignage de Catherine Daudé-Miotte, documentaliste du lycée Clos-Maire.

Dans le hall du lycée Clos-Maire de Beaune, vous ne pouvez pas y échapper: c'est la semaine de la presse dans l'école. A votre droite, les kiosques à journaux vous appellent. Devant vous, six panneaux exposent les travaux des élèves avec, çà et là, des caricatures réalisées elles aussi par les élèves. Arrêtez-vous, ça vaut la peine !

L'exposition des travaux réalisés pour cette semaine de la presse est la deuxième grande expo depuis le début de l'année scolaire au lycée. La première célébrait le cinquantenaire de la Déclaration des droits de l'homme, au mois de décembre. On ne change pas vraiment de sujet! La liberté de la presse est l'un des meilleurs indices pour mesurer la qualité et la quantité de démocratie d'un pays. Il faut dire qu'ici, au lycée Clos-Maire, on a de bonnes raisons de penser aux droits de l'homme et à la démocratie.

Les dessins de presse

Commençons par les secondes, avec des groupes venant de plusieurs classes et se retrouvant en option sciences économiques et sociales. Plein de ciseaux, de bâtons de colle, de crayons, de feutres, de scotch, et de journaux, de magazines, de feuilles de chou, tout ce que vous pourrez trouver. Mais attention: Les journaux doivent dater de 1998. Notre objectif? Reconstituer l'année écoulée à travers les dessins de presse. Vous savez bien, ils en disent parfois beaucoup plus long...
Certains ont profité des vacances de février pour fouiller la maison, la salle d'attente du dentiste ou du coiffeur, et puis tiens, il y a aussi la bibliothécaire de la ville qui peut nous aider. Cela permet, à la rentrée, d'élargir un peu le choix par rapport à ce que nous avons au lycée.
Un groupe est chargé de nous fournir le scénario de cette grande BD: quels ont été les grands événements de 98, mois par mois? Les autres doivent écumer les journaux disponibles et sélectionner les dessins. La vieille photocopieuse du lycée n'arrête plus!
Le travail s'organise: deux ou trois élèves pour chaque mois de l'année, et une demi-feuille de papier par mois pour harmoniser l'ensemble et ne garder que l'essentiel. Très vite, on s'aperçoit qu'il faut développer certains événements. On traitera donc à part les thèmes retenus: la guerre Irak-Etats-Unis, la guerre au Kosovo, Monica Lewinski, le cocorico-Mondial, le dopage, les lycéens dans la rue, la crise financière, les 35 heures. Il faut sélectionner les meilleurs dessins, trouver un titre et ne pas oublier de noter sa provenance. Et puis faire attention à la mise en page. Allez-y, collez!
Ah, ces dessinateurs n'y vont pas de main morte! Mine (!) de rien, ils nous emmènent très loin, dans la colère, dans la dérision. Ils ont un autre regard, une autre manière de "ramasser" l'événement que celle de leurs confrères journalistes. Comment imaginer la presse sans ces clins d'oeil, ces rires parfois grinçants? Il ne nous faut pas moins de 6 grands panneaux pour exposer la frise chronologique et les thèmes. Pas mal, le résultat! Mais il aurait fallu restreindre la gamme des couleurs des feuilles de papier.

Le "bain de presse" des premières section économique et sociale

Dans le même temps, la classe de première économique et sociale est, elle aussi, dans un "bain de presse". Avec elle, le programme est chargé!

- Tout d'abord, nous lançons une enquête sur "les lycéens et l'information". Les élèves lui ont trouvé un nom, ce sera "Ne zappe pas, l'info est là". Et comme on travaille dans le cadre du programme des Sciences économiques, c'est du sérieux: il faut faire une étude par classe, sexe, catégorie socioprofessionnelle de la famille. Vous informez-vous beaucoup, pas du tout? Que lisez-vous, et comment? Et la télé, la radio? Etes-vous satisfait? Oui, non, un peu, pas du tout, à la folie? Très intéressant! On aimerait tout savoir, pour tout vous dire sur votre façon -ou plutôt vos façons- de vous informer.
Sur 800 questionnaires distribués classe par classe (merci à la cellule Vie scolaire du rectorat!), 350 environ sont revenus. Là encore, il faut aller vite si l'on veut que les résultats soient affichés pour la semaine de la presse. Classement, dépouillement, conception au fur et à mesure des tableaux pour les chiffres bruts, puis les tableaux de pourcentages. Il y a d'inévitables erreurs: "comment faire quand on ne trouve pas 100%, Madame?" Chaque tableau doit être examiné à la loupe, interprété. Il s'agit de donner du sens à tous ces chiffres. Tout à la fin, la synthèse des synthèses nous donne du fil à retordre. Quelles sont les grandes conclusions de l'enquête? Quelles grandes lignes peut-on dégager? Bref, comment s'informent les lycéens du Clos-Maire? On n'oubliera pas d'expliquer comment le travail a été réalisé, les difficultés rencontrées.
Au final, l'exposition des résultats de l'enquête n'occupe qu'un panneau, mais cela ne rend pas compte de la quantité de travail exigée. Cela a, de loin, été le plus lourd et le plus difficile.

- Parallèlement à l'enquête, nous travaillons avec les dépêches d'agence AFP que nous a envoyées le Clemi depuis Paris. Nous devons commencer par comprendre, décrypter tous les codes, les abréviations, les signes... Nous apprenons le code de priorité, les lettres indiquant la provenance, la rubrique permettant d'envoyer très vite la dépêche dans le service concerné (sport, politique, international, société), et tout en bas l'heure et le jour. Plusieurs groupes se constituent: l'un va étudier le traitement des dépêches dans la presse (dépêches du 17 février, journaux du 18, au passage, on remarque le cas à part du journal Le Monde, journal du soir) et établir les pourcentages de dépêches traitées dans un seul journal, plusieurs journaux ou aucun.
Un autre groupe choisit de tracer la trajectoire d'un événement à travers les dépêches. Cet événement, ce sont les manifestations kurdes et surtout une dépêche avec le code de priorité le plus fort, le "1", quand des Kurdes prennent d'assaut l'ambassade israélienne à Berlin. Mais qui sont ces manifestants, pourquoi protestent-ils? Des élèves sont chargés de rechercher les raisons de leur colère. Un graphique représente le cours de cette information sur la journée et chaque dépêche est reliée à un fil qui représente la courbe sur l'échelle de 1 à 4 des codes de priorité. Un autre tableau indique la provenance des dépêches.
Un dernier groupe est chargé d'étudier le traitement de ces événements dans un large éventail de journaux.

- Avec leur professeur de lettres, les élèves de première s'initient à l'écriture journalistique. Il s'agit de rédiger un article à partir de dépêches d'agence. Les sujets choisis sont le procès de l'excision d'une part et le débat sur la parité hommes-femmes d'autre part. Un autre article est rédigé à partir d'une dépêche incroyable: Monsieur Meurdesoif est condamné pour ivresse au volant!

- Enfin, "last but not least", nous avons lancé, par voie d'affiche dans le lycée, un concours de dessins humoristiques, façon dessin de presse. Les trois meilleurs seront récompensés.

L'intervention d'un journaliste

Grâce au Clemi académique, nous contactons Alain Roels, un journaliste qui vit en Saône-et-Loire. Le 18 mars, il travaille avec la classe de première économique et sociale sur la vision critique et comparative de deux journaux télévisés. Nous réalisons quelles sont les limites du support télévisuel, les contraintes de l'image pour le traitement de l'information. Alain Roels a travaillé à la télévision, à la radio et pour la presse écrite. Il est donc bien placé pour expliquer les différences entre chacun de ces supports. Deux colonnes d'un journal comme Le Monde représentent 1/2 heure à la télévision. Voilà qui donne à réfléchir à tous ceux qui se contentent du journal télévisé...

Le kiosque

Que serait la semaine de la presse sans un kiosque? Depuis plusieurs semaines, je suis à la recherche de ce qui pourrait ressembler le plus à un véritable kiosque à journaux. Les services techniques de la ville de Beaune nous proposent de petits stands en bois qui sont utilisés lors de fêtes ou de manifestations. Mardi 16 mars, ils font leur apparition dans le hall du lycée, montés en un clin d'oeil par les ouvriers du service technique de la ville. Quelques cordes, des pinces à linge, et nous pouvons installer les journaux et magazines reçus le matin même. Quelques affiches publicitaires attirent le chaland et renforcent l'illusion d'un vrai kiosque. C'est un succès, les élèves s'approchent et choisissent leur journal. Comme chaque année, il y en a pour tous les goûts, et même si cela ne plaît pas à tout le monde, on peut trouver des titres qui d'habitude n'entrent pas dans les établissements scolaires. C'est la règle du jeu de cette semaine de la presse: tout voir, tout lire, au moins une fois, pour former le jugement et le sens critique de tous les élèves. Non, les extrêmes ne leur font pas peur et ils sont capables de comprendre tout le bénéfice que peut retirer la démocratie de journaux satiriques dont les dessins ou les titres cherchent à choquer. Et si quelques exemplaires disparaissent assez vite, c'est plutôt bon signe! Chaque jour, pendant la semaine, nous recevons plusieurs exemplaires gratuits du quotidien régional, Le Bien Public, dans deux éditions différentes. C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup: les journaux sont remis en place sans intervention de notre part (il n'y a pas d'adulte en permanence au kiosque), et aucun n'est laissé sur les bancs du hall. Plusieurs collègues ont la même idée: ce serait bien un petit kiosque permanent dans le hall, histoire de mettre quelques journaux à la disposition des lycéens toute l'année.

Les projets pour la semaine de la presse de l'an 2000? Laissez-nous souffler un peu!

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Travailler sans manuels scolaires, uniquement avec la presse, la radio, la télévision
Témoignage de Madame Guerrini, professeur de lettres et responsable de la journée sans manuels entreprise au collège Eugène-Lefebvre de Corbie (Somme)

Pendant une journée de la 9e semaine de la Presse dans l'Ecole, cinq classes du collège Eugène-Lefebvre de Corbie ont entrepris de suivre certains de leurs cours uniquement à partir de la presse écrite et audiovisuelle. Une entreprise innovatrice en matière d'enseignement qui a obtenu un véritable succès tant auprès des professeurs que des élèves des classes concernées.

Le principe et les objectifs
Pendant un jour entier de la semaine de la Presse dans l'Ecole, et à tous les cours prévus ce jour-là, cinq classes de l'établissement ont travaillé exclusivement à partir de documents issus de la presse écrite (journaux, revues, magazines) et audiovisuelle (radio et télévision).
Un des objectifs était de montrer aux élèves la cohérence, la continuité dans les enseignements entre les disciplines en utilisant un support commun. En même temps, concentrer l'action sur l'emploi du temps complet d'une journée devait provoquer un effet de masse, important pour la sensibilisation des élèves, à qui l'on souhaitait montrer aussi que l'école peut ne pas être "scolaire"...

Les partenaires
Le Clemi, organisateur de la semaine de la Presse dans l'Ecole, en la personne de sa coordonnatrice académique, m'a aidée à chaque instant: mise au point de l'opération, suggestions, valorisation auprès des médias, etc.

La mise en place
Après sollicitation des collègues et dans l'espoir de fédérer l'équipe pédagogique d'au moins une classe, je recueille les propositions des personnes intéressées et avec l'accord de l'équipe de direction, de la principale et du principal-adjoint, la journée d'action retenue est le mardi 17 mars 1998.

Les classes engagées
Ce jour-là, cinq classes ont travaillé avec la presse dans toutes les disciplines de la journée: une 6e, une 5e, une 4e et deux 3e. Comme d'habitude depuis la création de l'action nationale, plusieurs collègues d'autres classes s'investissent à titre individuel dans la semaine de la Presse dans l'Ecole. Les collègues inscrivent sur l'emploi du temps des classes concernées, qui a été affiché, le matériel dont ils ont besoin ce jour-là.

Les disciplines concernées
Français, histoire-géographie, instruction civique, anglais, espagnol, mathématiques, sciences de la vie et de la terre (dans cette dernière discipline et par suite d'un accident survenu au professeur, il n'a malheureusement pas été possible de mettre en œuvre le projet que nous avions conçu en lettres et sciences de la vie et de la terre).

Matériel et organisation
Un emploi du temps de la Semaine permet aux collègues concernés de réserver les journaux et magazines que nous avons fournis, achetés ou réservés sur le Minitel.
Ainsi, nous avons à notre disposition:
- Le Courrier picard, quotidien régional, depuis le début de février 1998;
- Le Monde depuis le début de février 1998;
- 15 exemplaires du Courrier picard des 16 et 17 mars 1998;
- 15 exemplaires du Monde et France-soir datés du 17 mars 1998;
- 8 exemplaires du Le Parisien du 17 mars 1998;
- 15 exemplaires d'El Pais;
- 15 exemplaires du Sunday times;
- Une journée de dépêches de l'AFP (du vendredi 13 mars 1998);
- Un important kiosque de journaux et magazines quotidiens, hebdomadaires, mensuels, etc. et que le documentaliste a réservés en inscrivant, comme chaque année, l'établissement à la semaine de la Presse dans l'Ecole.

Les activités
En anglais
, les élèves de 5e étudient les journaux et magazines anglais (vocabulaire spécifique, son utilisation dans des phrases) et les comparent avec les journaux français. Ils traduisent l'article du Parisien paru sur la semaine de la Presse au collège.
Une classe de 3e est divisée en quatre groupes. Chaque groupe composera un dossier sur les quatre thèmes retenus: le Kosovo, la mode, les sports et la météo, à partir du Sunday Times et en collaboration avec le professeur de français. Une autre classe de 3e étudie des journaux anglais, américains et australiens (structure, nature des articles, liste des rubriques, spécificité du journal, etc.)

En arts plastiques, les élèves de 3e analysent les publicités dans les magazines du colis presse à partir de la grille d'analyse d'une image de publicité.

En espagnol, les élèves travaillent sur le quotidien El Pais: vocabulaire de la presse; structure du journal; comparaison avec un journal français; analyse d'un article en 3e; illustration de la météo en 4e.

En français, et pour tous les niveaux, les professeurs consacrent un moment à la découverte d'un journal (voire de plusieurs) envisagé comme entreprise, organe d'information et organe d'opinion.

En 6e, les élèves abordent la presse écrite sous plusieurs niveaux:
- expression orale à partir de la carte météo: les élèves font le bulletin météo,
- expression écrite: ils relèvent et corrigent les coquilles,
- étude des discours: ils font varier les formes du discours injonctif dans la recette du jour et analysent les variations du discours narratif du fait-divers au récit littéraire.

Les élèves de 5e, en relation avec l'épreuve comptant pour l'attestation de sécurité routière, travaillent sur des faits divers relatant des accidents de la route: analyse des circonstances, des causes, des conséquences, des personnes impliquées. Au terme de ce travail, ils réalisent une synthèse.

La classe de 4e étudie la composition d'un quotidien régional, national, d'un magazine (nature des articles) et aborde les règles de l'écriture journalistique (titre, chapeau, attaque, développement, conclusion). A partir de l'étude de deux faits divers, les élèves rédigent un article destiné à la presse locale. Enfin, la visite au "Carrefour carrières" fait suite à la rédaction d'un compte rendu à paraître dans le journal du collège, après correction du premier article.

En 3e, les élèves travaillent sur différents sujets. La journée du 8 mars consacrée à la femme a amené une réflexion sur la presse et la place des femmes dans celle-ci. Les élèves étudient également le dessin de presse en tant que discours argumentatif. Ils différencient les différents types d'articles (brève, éditorial, interview, article d'information). Un travail est organisé sur des dépêches de la journée (les retrouver dans un quotidien, commenter leur développement et le choix fait par la rédaction: pourquoi certaines ont fait l'objet d'un article et d'autres non). Ces dépêches sont utilisées pour élaborer la "Une" d'un journal avec le logiciel Publisher. Enfin, la relation du roman étudié en classe (Malataverne de B. Clavel) avec des articles et des faits divers permet d'élargir la réflexion sur les problèmes de délinquance.

En histoire-géographie, les élèves de 6e sélectionnent un article dans un quotidien qu'ils ont lu. Ils le présentent et l'expliquent devant la classe. En 4e, les médias permettent au professeur d'aborder de façon différente la carte de France des régions. Les classes de 3e travaillent sur les élections et sur la presse clandestine pendant l'Occupation. Le thème des élections est repris par les élèves de 5e, notamment avec la perception du résultat des élections dans des journaux de différentes tendances.

En mathématiques, les élèves de 3e et de 4e utilisent Le Courrier picard pour leur étude des résultats des élections cantonales:
a) calculs faisant intervenir des pourcentages:
- application directe d'un pourcentage,
- calcul d'un pourcentage,
- calculs spécifiques sur le nombre d'abstentions.
b) diagramme semi-circulaire:
- lecture directe et représentation en pourcentages,
- calculs d'angles et réalisation du diagramme.
c) explication sur le nombre de sièges obtenus avec la règle du plus fort reste: calculs correspondants.
d) explication du lexique électoral (votants, inscrits, exprimés, nuls, abstentions...).
e) interdisciplinarité français-mathématiques: les femmes dans la société (calcul de la place des femmes dans les élections au Conseil général et au Conseil régional).

En biologie, et en interdisciplinarité avec le français, les élèves devaient aborder la bioéthique à partir des articles de Science et vie junior, du Monde et d'une émission de télévision. Cette action ne s'est pas réalisée.

Conclusion
De cette action, nous pouvons tirer plusieurs observations.
Il est clair que l'utilisation de la presse et des médias audiovisuels favorise au même titre que d'autres supports la réalisation de plusieurs objectifs de l'éducation: construction d'une conscience citoyenne, maîtrise des langages et formation d'une culture partagée.
La prise directe sur le monde réel, sur les événements actuels et proches ne peut qu'augmenter la motivation des élèves, comme en témoignent leurs commentaires personnels, même s'il faut moduler cet aspect positif au regard de la nouveauté de la démarche proposée ce jour-là.
Ces journées ont permis une réelle entente interdisciplinaire. Une dynamique est maintenant amorcée puisqu'il est question de rééditer l'opération qui figure d'ailleurs maintenant dans le projet d'établissement. A la lumière de l'expérience tentée cette année, elle pourra s'intégrer plus sûrement dans des projets de classe et rassembler davantage de personnes.
A ce titre, la semaine de la Presse dans l'Ecole continuera à être un moment fort de la vie de l'établissement.

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"Lisez-moi!", un journal de collège créé avec des professionnels
Collège Jean-Bullant, Ecouen. Extrait du rapport national de la 10e semaine de la presse dans l'école.

"Lisez-moi!" ne ressemble pas aux autres journaux que produisent les enfants du collège Jean-Bullant. C'est particulièrement frappant dans la maquette, mais les textes ne sont pas en reste. Il était donc intéressant de chercher à savoir comment cette équipe avait pu mener à bien ce projet.

Chronologie du projet

Le "projet journal" a été construit en 1998-1999, dans le cadre d'un parcours diversifié. Il est piloté par deux enseignantes, un professeur d'histoire et géographie, Nelly Benabou, et un professeur de français, Anne Richard. Toutes deux travaillent avec un journaliste professionnel, Antoine de Ravignan.
Leur objectif: "Dans le cadre de l'éducation à la citoyenneté, il nous a paru important de sensibiliser les élèves aux problèmes des droits de l'homme, de les rendre actifs et autonomes, de permettre à certains de révéler des qualités inexploitées dans le cadre scolaire".
Pour cela, elles décident de réaliser un numéro spécial d'un journal scolaire sur les droits de l'homme. Cela permet, outre d'approfondir le thème choisi, de comprendre les diverses étapes de la fabrication d'un journal de la page blanche à l'impression, de jouer enfin un autre rôle que celui du lecteur et de devenir "journaliste", producteur d'information.

Les grandes étapes

- En janvier, le projet est annoncé aux élèves et aux parents, et plusieurs séances sont menées en collaboration avec le journaliste. Il explique "la chaîne" d'un journal (2 heures en classe), aide pour la conférence de rédaction et l'élaboration du sommaire avec les élèves. A la demande des élèves, une partie du journal focalise sur les droits de l'enfant et, en particulier, le problème des enfants travailleurs.
Les élèves découvrent les différents types d'articles: Une, brève, faits divers, article de fond, etc... puis redéfinissent plus précisément leurs sujets, avec les contraintes de calibrage.

- En février, les journalistes en herbe font des recherches et apprennent à vérifier leurs sources d'informations. Ils préparent leurs questionnaires et leurs plans de recherche, prennent les rendez-vous par téléphone ou par courrier parfois avec l'aide de leur professeur et vont aux rendez-vous (seuls ou accompagnés, l'autonomie des élèves étant favorisée).
En cours d'art plastiques, ils illustrent la convention des droits de l'enfant.
Ils rédigent et corrigent leurs articles en classe et à la maison. Fin février, ils remettent leurs premières versions aux professeurs et au journaliste.

- En mars, c'est le commentaire critique des articles avec le journaliste. Comment corriger, titrer, chapeauter? Les élèves font les ultimes corrections et saisissent leurs articles sur ordinateur (cours de technologie).
Le montage du journal est confié à une maquettiste professionnelle qui vient expliquer son métier aux élèves. La maquette est soumise à la classe pour les dernières modifications avant envoi à l'imprimeur. Les élèves visitent l'imprimerie où est tiré le journal.
Le journal est ensuite vendu par les élèves dans leur entourage.

Moyens financiers

- Journaliste : 5.000 Francs (projet d'établissement).
- Maquettiste : 2.500 Francs sur la vente des journaux.
- Imprimeur : gratuit (parent d'élève).
- Professeurs : 10 HSE chacun.

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Un concours sur l'image d'information: une proposition Clemi pour l'académie de Rennes
Compte rendu de l'équipe Clemi de Rennes. Extrait du rapport national de la 10e semaine de la presse dans l'école.

A partir d'une photo de l'AFP envoyée à toutes les classes inscrites, les élèves doivent produire un court texte journalistique orientant sa signification.

Nous sommes partis de quelques constats. Nous subissons quotidiennement toutes sortes de bombardements d'images. Ces images présentent des effets de réalité qui laissent croire qu'elles sont la réalité. L'approche de l'image est une recommandation forte des programmes et instructions de l'Education nationale en France. Peu d'enseignants encore proposent à leurs publics des activités de découverte, d'analyse ou de production d'images. De là l'idée de proposer une action plus spécifiquement centrée sur l'image d'information aux établissements de l'académie.

Les objectifs de travail
- Observation attentive d'une photo d'information non légendée et recherche d'indices sur lesquels édifier du sens.
- Production d'un écrit journalistique (titre, sous-titre, intertitres, chapô, légende…) de 250 mots maximum, s'appuyant sur les indices relevés et offrant une interprétation cohérente de ce que représente la photographie proposée.

Réflexion attendue chez les participants
- Toute photographie est le produit d'une subjectivité tendue vers une autre subjectivité.
- La photographie d'information n'échappe pas cette règle, d'autant moins que la fenêtre qu'elle ouvre sur le monde renforce les effets de réel.
- Si toute photographique est polysémique, toute photographie d'information se doit d'être légendée afin de sélectionner un sens et un seul, celui qui va mettre le lecteur de presse dans les conditions de compréhension maximales.

Modalités spécifiques
L'AFP Ouest, en la personne de son directeur, s'est totalement impliquée dans cette action, notamment en recherchant dans ses archives le document photographique le plus attractif et le plus susceptible de susciter la créativité des participants. La photographie en couleurs retenue, réalisée par Sergei Ilnitsky, a été rendue libre de droits. Chaque classe inscrite a reçu le règlement du concours ainsi que des photocopies couleur.
Afin que le travail initial d'observation de la photographie prenne tout son sens, il fallait que le document transmis aux participants soit d'une qualité proche de l'original. C'est la Caisse d'Epargne de Bretagne qui a financé les travaux de reprographie couleur en nombre, et c'est encore elle qui a doté le concours de prix. La classe gagnante, notamment, s'est vu offrir un appareil photo numérique.

Bilan
151 textes nous sont parvenus. Le document photographique d'appui a donné lieu à un grand nombre d'interprétations, mais les consignes de travail ayant été remarquablement suivies, on a pu observer, dans l'immense majorité des cas, la grande cohérence entre l'interprétation de la photographie et le texte journalistique d'accompagnement.
Les classes primées ont été invitées à une remise des prix récréative à l'école Pablo Picasso, à Rennes. Les enseignants ont expliqué le travail réalisé par les enfants aux parents d'élèves présents et aux partenaires, extrêmement satisfaits de l'opération.
Toutes les classes participantes ont reçu une plaquette réalisée par le Clemi, comprenant un choix de textes représentatif de la variété de leurs interprétations, ainsi qu'une suite de deux autres photographies couleur qui sont venues compléter la première.

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Radio-Collège, une initiative citoyenne faite par et pour les jeunes
Témoignage de Antoine Anton, conseiller d'éducation et responsable de la radio


la liste des radios en milieu scolaire en France

La semaine de la Presse dans l'Ecole est souvent à l'origine de la création d'un journal ou d'une radio dans les établissements scolaires. Pourtant, des initiatives n'ont pas attendu la Semaine pour se mettre en place. C'est le cas de Radio-Collège qui, depuis déjà 15 ans, émet sur les ondes locales l'actualité disséquée et analysée par les élèves du collège d'Aytré (17). Chronique d'une matinée sur Radio-Collège pour la préparation d'"Hebdo mag", le rendez-vous radiophonique de l'information.

Lundi 16 mars 1998, 10h20: récréation
Alors que la plupart des élèves gagne la cour de récréation pour un quart d'heure de pause, une dizaine de collégiens rejoint une salle annexe du centre de documentation et d'information (CDI) dans laquelle sont proposés quotidiens, magazines et hebdomadaires.

"Quoi de neuf cette semaine ?"
On parcourt les "Unes". On feuillette rapidement les revues. On lit en diagonale les articles et on commence à relever ce que sera l'actualité de la semaine.

"Y' a un dossier sur le racisme dans Les Clés de l'Actu!"
"T'as vu, c'est la semaine mondiale de l'eau."
"Pas la semaine, c'est juste dimanche!"
"Y a tout un papier sur I AM dans Mon Quotidien, pour la rubrique: Décrassez vos baladeurs!"

10h30, conférence de rédaction, autour de Frédéric, le médiateur.
"T'as le conducteur ? Bon, alors, qu'est-ce qu'on retient pour "l'Hebdo Mag" de vendredi ?"
Dans l'urgence, les propositions retenues sont notées, le conducteur se complète, rubrique après rubrique. On négocie, on défend ses choix, on hiérarchise, comme disent les pro.

10h35, sonnerie: fin de récréation.
Pendant que les élèves rejoignent les cours, Frédéric photocopie les articles retenus et les classe dans une chemise accessible aux élèves durant leurs moments de liberté. Généralement, l'interclasse de midi. Ainsi, nos jeunes journalistes pourront-ils, armés de surligneurs ou de ciseaux, résumer l'article choisi de façon plus ou moins orthodoxe, avant d'entreprendre la réécriture du papier pour la rubrique dont ils sont les rédacteurs.

Vendredi 20 mars, 12h20: interclasse
Passage prioritaire au self, déjeuner sur le pouce avant de regagner la salle de travail. On fait le point, dans l'urgence, rubrique par rubrique, pendant que Stéphanie finit d'écrire les derniers lancements, petits textes courts d'introduction destinés, mieux que les "Sans transition aucune...", à amener les différents sujets. Quelques frictions ou éclats de voix. Filage rapide avant l'émission.

12h50: Studio.
Toute l'équipe de "Hebdo Mag" rejoint le studio de direct, se positionne autour des micros. Stéphanie coiffe son casque et vérifie, auprès de Thierry, le technicien, le bon fonctionnement des retours.
"Rouge antenne dans une minute !" annonce la voix de Thierry dans les retours.
Silence total dans le studio. On respire à fond, les yeux rivés sur le bras levé du technicien, derrière la vitre qui sépare de la régie. Le bobino de l'indicatif de l'émission se déroule inexorablement sur le Revox, le bras se baisse, donnant le signal d'ouverture des micros.

13h: Antenne.
"Bonjour! Heureux de vous retrouver sur Radio-Collège pour "Hebdo Mag", le seul magazine d'actualités réservé aux moins de seize ans. Au sommaire, cette semaine..."
Alors, un quart d'heure durant, rythmée par les virgules musicales, courtes pauses pendant lesquelles on cède sa place au micro à l'intervenant suivant, l'actualité de la semaine revue et préparée par les collégiens parcourt les ondes de l'agglomération rochelaise, à la rencontre d'un auditorat potentiel de cent mille auditeurs.

Un projet pédagogique
Radio-Collège n'est pas une radio pour rire. Depuis plus de quinze ans, vaille que vaille, coûte que coûte, elle émet comme une grande sans discontinuer. Diversité de la presse, traitement de l'info, travail journalistique, l'équipe de "Hebdo Mag" et celles des autres magazines réalisés quotidiennement sur Radio-Collège n'attendent pas la semaine de la Presse pour en saisir le fonctionnement, en percevoir la nécessité mais aussi les contraintes. Et, alors que s'affirme l'évidence, sinon l'urgence, qu'il ne peut y avoir d'éducation à la citoyenneté sans éducation aux médias, Radio-Collège, au quotidien, tente de contribuer à la formation de ceux qui, demain, auront à participer à la vie de la cité.

Les suites du travail
Ce texte est paru dans le cahier spécial "Initiatives Citoyennes" de la lettre de l'académie de Poitiers, en mai. Radio-Collège attendait la ministre déléguée chargée de l'Enseignement scolaire le 15 mai 1998, dans le cadre de la valorisation des initiatives citoyennes. La rencontre ayant été annulée la veille, Radio-Collège a été en communication téléphonique avec Mme Ségolène Royal pour un numéro spécial de 20 minutes des "Clés de l'Actu" entièrement consacré aux initiatives citoyennes, présenté par les 6e A et leur professeur d'histoire.
Avec beaucoup de professionnalisme, les élèves ont éclairé les concepts de citoyen, de citoyenneté, de civisme, rappelé les textes fondateurs des droits de l'homme et de l'élève, les commémorations qui, cette année, célèbrent ces droits et la dignité de l'homme.
Un envoyé spécial au lycée Marcel-Dassault de Rochefort a interrogé les délégués et le proviseur pour qui la question essentielle est de savoir "comment responsabiliser les élèves ?". A cette question et à celle de Guillaume, élève de 6e, sur les projets de Mad