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Public Privé : réflexions autour de cette distinction

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Introduction

Vie privée, vie publique ; espace privé, espace public ; droit privé, droit public ; service public, service privé….ces distinctions sont pour nous courantes et semblent renvoyer immédiatement à des champs, à des territoires bien délimités. On invoque la vie privée pour revendiquer ce qui relève du personnel et de l’intime, ce qui ne « regarde pas les autres » et on parle alors d’un nécessaire respect de la vie privée garantissant une liberté individuelle et les conditions du bonheur. L’exposition de l’intime contre la volonté de l’individu apparaît ainsi comme une atteinte à sa personne et le terme de respect témoigne de la distance nécessaire à conserver.

« Pour vivre heureux vivons caché » nous dit l’adage, laissant à penser que l’exposition au regard des autres, que l’exposition de ce qui est privé suscite des réactions telles que notre bonheur risque d’être remis en cause. La vie privée se protège et doit être distinguée de la vie publique, celle qui « regarde les autres » parce qu’elle les concerne légitimement, celle qui donc peut être placée sous leur regard. Si l’espace public est un espace commun à tous, l’espace privé, au contraire, relève de la propriété d’une personne ou d’un groupe de personnes et on n’y pénètre qu’avec l’autorisation de celui à qui il appartient. La propriété privée peut d’ailleurs être ce lieu de repli dans lequel la vie privée est abritée loin encore du regard des autres. Le droit privé lui, est l’ensemble des règles qui régissent les rapports entre les personnes privées, physiques ou morales ; alors que les relations avec l’État ou l’Administration, et les relations des institutions publiques entre elles relève du droit public. Quant aux services publics, ils renvoient aux services aux personnes considérés comme devant être disponibles pour tous, ils relèvent de la puissance publique c’est-à-dire de l’Etat et reposent sur l’intérêt général. Ainsi, cette distinction entre le privé et le public se trouve au coeur de notre vie et semble régir notre rapport aux autres dans des domaines aussi divers que le politique, l’économique, ou le juridique…

Pourtant, s’il peut paraître évident au premier abord de conduire cette distinction – et dans les champs juridiques et économiques elle semble clairement établie par définition – elle devient parfois plus délicate dans certaines situations. En effet, le droit nous dit ce qui relève du droit public ou du droit privé ; de même la loi nous dit ce qui relève de la propriété privée et ce qui est considéré comme un espace public ; mais en ce qui concerne la « vie », des difficultés semblent surgir parce que la frontière n’est pas toujours simple à établir : qu’est-ce qui relève de la vie privée d’un homme public ? On peut, par exemple, déterminer quelles sont ses propriétés privées - et on le fait dans certains pays afin d’éviter tout enrichissement personnel - mais quand, ce qui appartient à la vie propre de cet homme public, peut-il être radicalement distingué de sa vie publique ? Et pourtant, on saisit bien, et nous avons commencé par là, que la protection de la vie privée est affaire de respect de la personne. Et pourtant également, si la vie privée se protège, on entend des voix se lever contre l’exploitation plus ou moins volontaire et l’exposition de la vie privée de la part de certains hommes publics...