FICHE PÉDAGOGIQUE DU CLEMI

 

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Fiches pédagogiques

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LES FICHES PÉDAGOGIQUES DU CLEMI

Près d’une centaine de fiches vous sont proposées dans cette rubrique, avec accès thématique et par niveau. Elles sont extraites, pour la plupart, des dossiers pédagogiques réalisés pour la Semaine de la presse et des médias dans l’école, depuis le lancement de cette opération. Quelques-unes ont été conçues pour les ouvrages publiés par le CLEMI.


Votre contact : Loïc Joffredo

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Réaliser une vidéo avec un téléphone portable

Des conseils, un accompagnement pour résoudre les problèmes techniques liés à la réalisation d'un film avec un téléphone portable.

  • Collège
  • Lycée
 

Objectifs

Un appui technique pour pouvoir réaliser un film avec un téléphone portable.

Publics

Collège, Lycée

Déroulement

Lorsqu’on utilise un téléphone portable pour faire de la vidéo, on se retrouve immédiatement confronté à des problèmes techniques qui peuvent devenir rapidement très laborieux, et venir réduire la dimension pédagogique de l’exercice. En effet, les normes techniques ne sont pas encore définies précisément dans ce domaine, donc les méthodes de travail sont à inventer. Voici quelques clés pour maîtriser plus vite les problématiques spécifiques du téléphone portable en tant que caméra.

La spécificité de la vidéo avec téléphone portable

Les téléphones portables à la norme 3G (réseau haut débit mobile ouvert en 2005) sont forcément dotés de la fonction caméra vidéo. Les adolescents ont tous, aujourd’hui, de tels téléphones. A assez court terme, puisque tout le monde a un téléphone dans la poche, tout le monde aura une caméra sur soi en permanence. Au delà de l’anecdote, c’est un fait social important qui, on le voit, modifie notre façon de constituer notre mémoire personnelle, change la relation à l’information, bouleverse les distinctions entre sphère publique et sphère privée.
Filmer avec un téléphone n’a rien à voir avec le fait de filmer avec une caméra. Il y a trois différences essentielles :

  • La première, c’est qu’on a le téléphone tout le temps sur soi, contrairement à la caméra. On fait des images sans avoir eu besoin de décider qu’on allait en faire. Le statut de ces images est donc radicalement différent : ce n’est plus porter son regard sur quelque chose, c’est mettre en partage la captation d’un moment de vie. Ce sont des rencontres, des témoignages, et non des mises en scènes décidées préalablement.
  • La deuxième différence tient au fait que le téléphone est tellement quotidien, tellement habituel, qu’on filme sans même plus regarder dans le viseur (exemple : il y a une foule devant soi, on lève le téléphone au bout de son bras pour filmer la situation). On n’a plus besoin, comme avec une caméra, de regarder un petit écran pour décider du cadrage de l’image, on sait très bien, inconsciemment, ce qu’on est en train de filmer, sans même regarder dans le viseur. On filme les objets horizontalement, on retourne le téléphone vers soi, etc., c’est un oeil mobile, comme un oeil mécanique au bout de la main.
  • La troisième différence, qui tient au téléphone en tant qu’élément de ce monde de la « convergence numérique » dans lequel nous sommes aujourd’hui, est dans le fait que les films peuvent être diffusés par soi-même à une large audience, via les sites de vidéo communautaire sur internet, ce qui était impossible avant 2005, et qui change la relation entre « producteur » et « récepteur ». Nous sommes tous des producteurs d’images en puissance, avec une responsabilité individuelle nouvelle.

Filmer avec un téléphone

  • La qualité d’image
    Techniquement parlant, il faut, à l’intérieur du mode caméra du téléphone, accéder aux options et régler la meilleure « résolution d’image » possible, c’est à dire la plus grande taille possible en pixels. On découvre souvent des capacités insoupçonnées à son téléphone en se rendant dans ce menu. La dimension d’image d’origine de tous les téléphones est 176x144 pixels (ce qui est très faible face aux 720x576 pixels de la vidéo professionnelle). Mais d’autres tailles d’images sont possibles, en fonction des téléphones,  qui permettent une bien meilleure qualité d’image. Attention, il arrive que la taille ne soit pas indiquée en tant que telle, mais qu’il y ait seulement mention de  son « nom de code ». Voici ceux que l’on peut trouver dans les téléphones, vérifiez les possiblités du vôtre :
  • SubQCIF : 128x96 pixels. La plus petite taille (à proscrire).
  • QCIF : 176x144 pixels. Le standard. A éviter aussi, car la qualité est très faible, sauf si l’on souhaite envoyer ses vidéos avec le téléphone (cette taille, avec une limite de temps de 30 secondes, est alors obligatoire).
  • QVGA : 320x240 pixels. Qualité très correcte.
  • VGA : 640x480 pixels. Très bonne qualité. Presque une caméra DV.
  • Durée des prises de vue
    Concernant la durée de prise de vue, l’idée reçue veut que les vidéos tournées avec téléphone soient toujours très courtes. Mais, à part le mode vidéo « Pour envoi MMS », qui limite à 30 secondes afin que la vidéo fasse moins de 300Ko et puisse être envoyée par MMS, la durée d’enregistrement vidéo avec un téléphone n’est limitée que par l’espace mémoire disponible. Par exemple, avec 1Go de mémoire (très courant dans les téléphones actuels), on peut filmer 16h de vidéo en mode QCIF !
  • Quelle est la forme matérielle de ces vidéos ?
    Chaque vidéo tournée avec téléphone est un fichier informatique, enregistré dans la carte mémoire du téléphone, qui est le plus souvent un fichier 3GP (son extension est .3gp). C’est un « conteneur », au même titre que les fichiers .avi, ou .mov par exemple. A l’intérieur de ce fichier, il y a l’image et le son, qui sont enregistrés avec des « codecs », particuliers à chaque téléphone. D’où des problèmes de compatibilité de lecture, en fonction des téléphones, car les codecs ne sont pas standardisés.

Transférer les vidéos dans un ordinateur

  • De la nécessité de la carte mémoire
    Les téléphones ont plutôt du mal, à part certains modèles, à communiquer avec les ordinateurs via le câble USB fourni. Si l’on veut s’assurer d’un transfert des vidéos vers l’ordinateur sans encombres, le plus sûr est de s’assurer de la présence d’une carte mémoire dans le téléphone, et de s’assurer que le téléphone est réglé pour enregistrer sur la carte mémoire. On retire la carte mémoire du téléphone, on la glisse dans un adaptateur de carte mémoire (livré avec le téléphone et/ou avec la carte mémoire à l’achat), qui va convertir la carte du format « micro » ou « mini » au format normal, et on glisse cet adaptateur dans un lecteur de cartes mémoires, qui est toujours muni d’une prise USB (des adaptateurs multicartes se trouvent chez tous les détaillants d’informatique). On branche le lecteur dans l’ordinateur, et on accède alors au contenu de la carte mémoire comme on accèderait à n’importe quelle clé USB.
  • Comment regarder les vidéos sur un ordinateur
    Il existe un lecteur multimédia capable de lire les vidéos de presque tous les téléphones, c’est Quicktime player, d’Apple, qui est disponible autant sur PC que sur Macintosh. Son téléchargement est gratuit.

Faire du montage

  • Le montage simple
    Si le besoin de montage est limité à assembler quelques séquences et à en enlever les morceaux superflus, alors le logiciel Quicktime Pro d’Apple (qui est payant, 30€), est le meilleur outil. Avec du simple copier-coller, sans avoir besoin d’aucune notion de montage, on peut faire le montage d’un petit film.
  • Le montage élaboré
    Les logiciels de montage vidéo ne sont pas capables, pour la plupart, d’exploiter directement les vidéos tournées avec téléphone portable. La méthode est de convertir les vidéos tournées avec téléphone au format DV, exploitable par tous les logiciels de montage. Pour ce faire, le logiciel libre et gratuit SUPER (www.erightsoft.com) est l’un des meilleurs outils.

Diffuser les vidéos

  • Pour diffuser les vidéos en classe, par exemple pendant le travail, le plus pratique est d’utiliser Quicktime player avec un ordinateur connecté à un vidéoprojecteur.
  • Pour pérenniser les films réalisés, on peut confectionner des DVD video, avec par exemple le logiciel DVD Lab (www.mediachance.com).
  • Pour diffuser les films sur internet, outre les sites de vidéo communautaire, on peut soi-même confectionner sa page avec la vidéo en ligne, au moyen du lecteur JW FLV Player, libre et gratuit (www.jeroenwijering.com).
  • Pour diffuser les films sur téléphones, on peut encore utiliser SUPER pour les convertir au format 3GP, lisible par les téléphones.

Benoît Labourdette- Quidam Production