Les Présidents sont très conscients de leur ton, de leur gestuelle et de leur regard face à la caméra. Ces composantes de la représentation médiatique nous renseignent sur l’image qu’ils veulent donner d’eux-mêmes. Ils éclairent la nature du rapport (affectif, paternel, etc.) qu’ils souhaitent instituer avec le public.
• Le ton et la gestuelle
Le texte dit, appris ou lu sur un prompteur, s’accompagne d’un ton et d’une gestuelle concertés.
Observer
Le ton assuré, oratoire, et la gestuelle animée du général De Gaulle contrastent avec l’expression figée et le ton professoral, teinté d’emprunts gaulliens de son successeur, Georges Pompidou. Valéry Giscard d’Estaing, pour sa part, donne le sentiment de composer un personnage : débit volontiers ralenti, bras et jambes croisés, efforts visibles pour être proche de son interlocuteur. François Mitterrand en revanche, adopte un ton dialogué qui rappelle la plaidoirie. Tout est mis en œuvre pour emporter l’adhésion : modulation de la courbe mélodique, accentuation des mots importants, Jacques Chirac, dans un souci d’expressivité, habille son discours de mimiques (gestes de la main, balancement du corps, etc.) sur un ton solennel.
• Le regard
Le cadre choisi est un cadre serré pour rendre plus proche, plus présent celui qui s’exprime. Pour souligner cet effet, le regard caméra est privilégié.
Observer
François Mitterrand est présenté en plan poitrine, cadrage caractéristique des allocutions de fin d’année. Au début, le personnage est légèrement décentré vers la droite pour dynamiser le plan et renforcer la richesse de sa composition. Encrier, drapeau, lambris, cheminée sont autant de repères visuels pour construire la profondeur de champ. De lents mouvements de zoom avant soulignent les moments forts du discours prononcé « droit dans les yeux ».