L’image de l’écrivain à la télévision s’est incontestablement transformée. Porté au firmament par un média naissant qui lui a donné un visage et un corps pour des téléspectateurs qui souvent ne le connaissaient pas, l’écrivain, au fil des émissions littéraires et culturelles, s’est bientôt plié aux exigences des plateaux ou s’est « sacrifié » sur l’autel du divertissement. Mais la télévision s’est-elle contentée d’enregistrer l’irrésistible modification de son statut au sein de la société, ou a-t-elle contribué de façon déterminante à sa dévalorisation et à sa disparition ?
Ce dossier de Décryptages revient sur cinquante ans de liaisons dangereuses entre l’homme de lettres et le petit écran.
Reflet (certes, imparfait) du corps social, la télévision s’efforce, à l’occasion, d’en éclairer les attentes et les représentations. Elle le fait le plus souvent sur le mode journalistique en proposant reportages et enquêtes sur des thèmes sensibles comme, par exemple, l’immigration. Ce thème se prête bien à des rappels historiques et des mises en perspective. Il justifie un travail sur le terrain dans les zones dites d’exclusion ou les quartiers à forte densité d’étrangers. Son traitement est indissociable d’une réflexion sur les représentations de nature raciste et les valeurs de respect et de tolérance.
Complément des journaux télévisés dont le format court ne permet pas de mettre l’événementiel en perspective et de réfléchir, sous forme de dossiers, aux grands enjeux du moment, les émissions de reportage ont progressivement investi les tranches de prime time. Deux modèles les inspirent, Cinq colonnes à la Une, pour son journalisme d’enquête, et 60 minutes de CBS, qui inventa en 1968 le concept du « newsmagazine », adopté depuis par toutes les télévisions du monde. En cinquante ans, les émissions de reportage se sont multipliées et diversifiées sur les chaînes. C’est dire leur succès et la demande du public pour une programmation dite de « réel ».
1. Affichage
2. Ancrage
Fait-divers, n.m. : événement du jour, ayant trait aux accidents, crimes et délits, qui n’ont pas de lien entre eux, et qui font l’objet d’une rubrique dans les médias. À cette définition, on pourrait ajouter deux traits remarquables : la singularité du fait-divers est relative, sa trame narrative quasi universelle. On pourrait aussi proposer une hiérarchie du genre. Il y a les faits-divers qui occupent le haut de l’affiche. La télévision les traite comme des feuilletons. On les associe à des voix célèbres. Ainsi, par exemple, les grandes affaires criminelles. Il y a les autres faits-divers, la majorité, que l’on classe dans la rubrique fourre-tout dite des « chiens écrasés ». Ils ont un air de déjà-vu et mettent en scène des anonymes. Ils intéressent les médias pour leur valeur anecdotique.
1. Enigmes
Le dossier écologique occupe une place privilégiée dans l’agenda des médias d’information parce qu’il renvoie à des questions cruciales. Si ces questions sont aujourd’hui clairement appréhendées par l’opinion c’est en partie grâce à la télévision qui a contribué à éclairer la problématique environnementaliste : en servant de relais aux leaders historiques d’opinion, en pointant les enjeux écologiques, en faisant, avec l’aide des spécialistes, une évaluation des risques ; en suggérant, études de cas à l’appui, des ripostes aux dangers qui menacent l’écosystème de notre petite planète.
Complexe et bureaucratique : c’est ainsi que l’Union européenne est parfois perçue. Son histoire, ses institutions, son mode de fonctionnement sont peu connus du grand public.
Pour permettre au citoyen de mieux comprendre le sens de ce grand chantier, la télévision a joué son rôle, depuis 1951, date de création de l’entité politique européenne : en expliquant l’Europe, en éclairant les raisons de ceux qui ont choisi de croire ou de douter et en s’attachant à rendre compréhensible les enjeux de l’intégration.
Les vœux des présidents de la République, diffusés le 31 décembre à l’heure de la plus grande écoute (20 heures), constituent un rituel quasi immuable. Lieu et décor ne varient guère. L’apparition à l’image du chef d’État lui-même s’accompagne d’un ton et d’une gestuelle propres à toucher les téléspectateurs. La prestation du Président ne laisse place à aucune improvisation : plusieurs prises sont enregistrées avant la diffusion qui a lieu en différé.
Ce dossier de « Décryptage » propose une analyse comparative de cinq vœux des Présidents de la Ve République.
La première partie du dossier sur les vœux des Présidents s’attachait au rituel et à la mise en scène de l’allocution des vœux du chef de l’État. Ce second volet propose une analyse plus précise du discours. Il s’agit d’un discours de circonstance qui se veut un appel à la cohésion nationale. C’est aussi un discours attendu car il dresse un bilan et dessine des perspectives. Sa teneur politique est plus ou moins marquée en fonction de la conjoncture.
2. Bilan et perspectives d’avenir
3. Le style