Les actes d’un colloque organisé par le Laboratoire d’analyse du récit de presse (LARP) qui s’est tenu à Fribourg en 2008.
Ce colloque couronnait trois années de recherches, financées par le Fonds national suisse, consacrées à l’analyse du récit dans la presse quotidienne, et notamment aux modalités d’écriture de ce que l’on a coutume d’appeler aujourd’hui un « feuilleton médiatique ». Loin du fonctionnement ordinaire des récits fictionnels ou historiques, ces feuilletons prennent forme dès qu’il est question d’un événement dont le procès est inachevé (par exemple une élection, un conflit ou une compétition sportive) ou dont la compréhension apparaît incomplète (par exemple une affaire ou une catastrophe dont les causes sont inconnues). L’article de presse inscrit dès lors sa portion du récit dans une intrigue émergeante dont les contours, bien qu’encore seulement esquissés, n’en sont pas moins identifiables. La rhétorique du feuilleton relie entre eux des articles passés (déjà lus), présents (lus dans d’autres médias) et futurs (à lire au prochain numéro). C’est ainsi que nous découvrons, de journaux en journaux, jour après jour, les péripéties qui surviennent dans « l’affaire Clearstream » ou le « feuilleton judiciaire » de la Coupe de l’America, c’est ainsi qu’un dénouement finit par clore une élection historique, après que celle-ci nous a tenus en haleine par un suspense insoutenable.
Ce numéro est coordonné par Françoise Revaz, Stéphanie Pahud, Raphaël Baroni.
A Contrario, n° 13, 2010, 140 p., 20 €